SYSTEMES DE MANAGEMENT SECURITE, QUALITE, ENVIRONNEMENT APPLIQUES AU SERVICE PUBLIC D’ELIMINATION DES DECHETS MENAGERS ET ASSIMILES
CAS DU SERVICE PUBLIC D’ELIMINATION DES DECHETS - PARTIE III
1 - LA DEFINITION DU SERVICE
Les communes sont responsables de l’élimination d’une partie du gisement global des déchets, les déchets municipaux qui sont composés :
* des déchets des ménages (ordures ménagères et encombrants) ;
* des déchets produits par les services municipaux (entretien des espaces verts, bâtiments communaux, nettoiement, assainissement, etc.) ;
* des déchets des artisans et des commerçants, assimilés aux déchets ménagers, sous réserve d’une quantité faible et d’une nature similaire aux déchets de la population.
Comme le précise la loi n° 75-633 du 15 juillet 1975 modifiée par celle n° 92-646 du 13 juillet 1992, l’élimination comporte « les opérations de collecte, transport, stockage, tri et traitement nécessaires à la récupération des éléments et matériaux réutilisables ou de l’énergie ».
2 - LES PARTICULARITES DU SERVICE
2.1 - Un service souvent confié à des prestataires privés
Pour répondre aux différentes exigences réglementaires et à la pression sociale, le système collecte-traitement ne passe plus aujourd’hui par une filière unique mais par une approche globale, multifilières et multi-matériaux.
On est passé du stade artisanal, collecte puis mise en décharge ou incinération, au stade industriel avec la multiplication des filières, la complexification des techniques et l’accroissement des mesures de protection de l’environnement. Le service d’élimination est aujourd’hui composé d’activités industrielles diverses (collecte, tri, compostage, méthanisation, incinération avec ou sans récupération d’énergie, enfouissement), utilisant des procédés différents et nécessitant chacune des compétences techniques particulières.
Une des marques de l’industrialisation dans le domaine des déchets municipaux est la part croissante d’installations de traitement publiques gérées par des entreprises dans le cadre de marchés ou de délégations de service public. L’ADEME a d’ailleurs constaté une évolution des modes de gestion des installations de traitement des déchets ménagers et assimilés vers le privé.
Les installations exploitées en régie
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1989
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1995
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1998
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| Nombre |
44 %
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35,5 %
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32,7 %
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| Quantités de déchets reçues |
17 %
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13,3 %
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12,9 %
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Source : ADEME
2.2 - Une grande sensibilité des riverains aux impacts et nuisances générés
Les habitants d’une commune sont, en règle générale, favorable aux équipements permettant de traiter les déchets mais à condition que ce ne soit pas près de chez eux (syndrome NIMBY). Ils ne voient pas toujours d’un bon œil l’implantation de certaines installations, comme un centre d’enfouissement technique, une usine de compostage ou d’incinération. La raison essentielle de cette réticence : la crainte pour leur sécurité, leur santé et leur cadre de vie. Les riverains évoquent généralement le bruit, les odeurs, l’impact visuel et la circulation générée par le fonctionnement d’une unité de traitement, et en font part lors des enquêtes publiques organisées à l’occasion de projets d’ouverture de nouvelles installations de traitement.
L’environnement est donc une dimension importante dans toute activité déchets. La prendre en compte dans l’exercice de l’activité permet de rassurer les habitants et d’établir un climat de confiance.
2.3 - Des activités manuelles nécessitant d’être vigilant en matière de risque et d’hygiènefique.
Certaines activités déchets comme la collecte et le tri sont des activités qui restent essentiellement manuelles. Elles présentent des risques pour le personnel liés à la manipulation des déchets, au fait de porter des charges, à la présence de machines, d’engins de manutention ou de transport dans des zones où évolue le personnel.
La mise en place de mesures préventives (formation du personnel, signalisation, équipements de protection, etc.) et l’organisation de mesures curatives (lave-œil, armoire pharmacie, etc.) s’impose.
L’hygiène et la sécurité constituent, dans les activités de gestion des déchets, des aspects primordiaux nécessitant la mise en place d’une organisation spécifique.
2.4 - Une exigence de qualité très présente dans les activités déchets
Que ce soit pour la collecte, le tri, le traitement biologique, etc., la qualité est une notion primordiale. Les usagers, les élus, les repreneurs des matériaux triés, les utilisateurs de compost, etc. ont tous leurs propres critères qualité. L’objectif est alors de faire en sorte de répondre au mieux aux exigences de chacun de ces clients en adoptant une organisation adaptée.
3 - DEMARCHE SQE APPLIQUEE A L’ACTIVITE DE COLLECTE
3.1 - L’activité de collecte
La collecte est constituée de l’ensemble des opérations consistant à enlever les déchets présentés dans des récipients prévus à cet effet pour les acheminer ensuite vers un lieu de tri, de traitement ou de stockage.
Afin d’acheminer le plus de déchets possible vers la valorisation matière, la plupart des collectivités locales ont mis en place une collecte sélective des déchets ménagers et assimilés recyclables. Cette opération vise la collecte de certains flux de déchets préalablement séparés par les producteurs, en vue d’une valorisation ou d’un traitement spécifique. On distingue deux types principaux de collectes sélectives :
- la collecte sélective des matériaux « propres et secs » (verre, papiers-cartons, journaux-magazines, plastiques, acier, aluminium) ;
- la collecte sélective de la fraction fermentescible des ordures ménagères.
D’autres types de déchets peuvent être collectés sélectivement : les huiles, piles et batteries, médicaments, les textiles, les pneumatiques, les déchets d'équipements électriques et électroniques, etc.
Cette collecte peut s’effectuer en porte à porte (on vient enlever les déchets chez l’usager) ou en apport volontaire (un emplacement en accès libre est équipé d’un ou plusieurs contenants, destinés à permettre aux usagers de déposer volontairement des déchets préalablement triés).
La collecte traditionnelle et la collecte sélective nécessitent la mise à disposition de moyens de pré-collecte, la gestion d’une flotte de camions de collecte, l’organisation de tournées pour assurer le ramassage de tous les déchets, etc.
Pour compléter la collecte sélective des déchets ménagers et assimilés, les collectivités ont installé des déchèteries sur leur territoire. Ces installations accueillent les déchets qui ne peuvent être collectés en même temps que les ordures ménagères en raison de leur poids, de leur taille, de leurs caractéristiques particulières pour la sécurité du personnel, ou tout simplement en raison d’une production épisodique. La collectivité doit alors assurer la gestion des déchèteries, espaces aménagés, gardiennés, clôturés, où les habitants viennent apporter leurs déchets en les répartissant dans des contenants distincts en vue de valoriser ou traiter au mieux les matériaux qui les constituent.
3.1.1 - Les critères qualité de l’activité
Les critères qualité de l’activité de collecte se déterminent en fonction des attentes et exigences des différentes parties prenantes :
- collectivités locales : coût de la collecte, quantités collectées, taux de participation de la population ;
- exploitant du centre de tri accueillant les déchets collectés : qualité des flux de matériaux collectés, quantité d’indésirables, tonnages collectés, fréquence de la collecte, etc. ;
- habitants : régularité des enlèvements, coût, propreté des rues une fois le passage des bennes, horaires de passage, bruit généré, encombrement des rues par les véhicules.
Pour la collecte en déchèterie, les critères qualité sont plutôt les suivants : horaires d’ouverture, propreté du site, signalétique en place sur le site, signalisation de la déchetterie, coût pour les usagers, coût de l’activité, tonnages de déchets acheminés vers la valorisation matière, etc..
3.1.2 - Les critères sécurité de l’activité
Les critères sécurité de l’activité de collecte se définissent en fonction des risques inhérents à cette activité :
- chocs, coupures, piqûres, pincements et faux pas sur corps étrangers ;
- mauvaise manutention de charges lourdes ;
- renversement ou chocs par véhicule circulant sur la voie publique ;
- nuisances sonores ;
- chute lors des montées/descentes de cabine ;
- accidents de circulation.
Dans le cadre d’une démarche sécurité, l’accent doit être mis sur la formation, la sensibilisation du personnel, la distribution d’équipements de protection.
3.1.3 - Les critères environnement de l’activité
Les critères environnement de l’activité de collecte sont fonction des impacts de cette dernière sur l’environnement :
- la pollution de l’air : émissions de polluants par les véhicules de collecte ;
- le bruit généré par les moteurs des véhicules, les systèmes de compactage et par la manipulation des sacs, bacs, caissettes lors de la collecte.
Pour limiter ces impacts, différentes actions peuvent être menées dans le cadre d’une démarche environnementale :
- utilisation de véhicules consommant une énergie plus respectueuse de l’environnement : électricité, carburants à faible teneur en soufre, gaz de pétrole liquéfié ou gaz naturel comprimé ;
- équipement des véhicules de filtres à particules réduisant les émissions de polluants atmosphériques ;
- optimisation des tournées pour réduire les distances parcourues par les véhicules de collecte ;
- distribution de bacs conçus et fabriqués avec des matériaux moins sonores afin de limiter le bruit ;
- utilisation de véhicules de collecte dont la fabrication permet de limiter les bruits générés par les moteurs et le système de compactage.
3.2 - La mise en place d’une démarche qualité
La société esterra et son domaine d’activité
Les prestations proposées par esterra vont de la prise en charge des déchets chez le client jusqu’à leur élimination, conformément aux législations et/ou réglementations en vigueur. Les prestations ne pouvant être exécutées par l’entreprise sont sous-traitées à des entreprises respectant les réglementations et législations en vigueur.
Les prestations actuellement proposées sont les suivantes :
- collecte de déchets d’origine ménagère ;
- prestations annexes à la collecte (distribution, maintenance, nettoyage des récipients de collecte) ;
- collecte des déchets issus du commerce et/ou de l’artisanat ;
- collecte de déchets industriels banals ;
- prestation de gestion de déchetteries ;
- prestation de transfert ;
- prestation de curage ;
- prestation de nettoyage industriel ;
- collecte de déchets liquides spéciaux, toxiques ou dangereux ;
- collecte et pré traitement des déchets à risques infectieux ;
- prestation de propreté urbaine (voiries, parkings, ateliers, chantiers, mobilier urbain, etc.).
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE QUALITE APPLIQUEE A LA COLLECTE
Souhaitant se différencier sur un marché de plus en plus concurrentiel, la société esterra a décidé de viser un professionnalisme de plus en plus « pointu » en matière de qualité. Elle a mis en place un système qualité conforme à la norme ISO 9002 (version 1994) pour les activités suivantes :
- prestations de collecte de regroupement et de transport vers des centres de traitement de déchets ménagers, industriels banals et spéciaux ;
- opérations de collecte et de pré traitement de déchets d’activités de soins ;
- activités d’assainissement et de nettoyage urbain et industriel ;
- prestations associées : vente, location et entretien de matériels liés à ces activités.
La certification de ces activités a été obtenue en 2001.
Dans le cadre de la démarche qualité, les clients de l’entreprise ont été identifiés : simple particulier, collectivités territoriales, écoles, hôpitaux, administrations, sociétés et offices d’HLM, artisans, commerçants, industriels.
Pour répondre à leurs attentes et les satisfaire au mieux, la démarche qualité se fonde sur :
- le respect des délais et horaires à tous les stades de la relation client : devis, prestation, facturation ;
- le respect des sites clients pendant les interventions par l’utilisation de techniques et matériels non salissants et par un nettoyage approprié ;
- une image positive des prestations de collectes des ordures ménagères, en agissant notamment sur la manipulation des récipients : discrétion, délicatesse, vidage complet, remise en place ;
- l’écoute des clients pour mettre à leur disposition des prestations toujours mieux adaptées à leurs besoins. La conséquence mesurable est le niveau de satisfaction de leur collaboration avec l’entreprise.
La société organise chaque année une revue de direction qui fixe les objectifs généraux à atteindre et leur déclinaison par service. Suite aux audits et actions correctives pouvant en découler et suite aux analyses des fiches d’anomalies, la revue de direction décide de toutes les actions complémentaires qui lui paraissent nécessaires.
De façon à pouvoir mesurer les progrès accomplis sur chacune des orientations de la politique qualité, le tableau de bord qualité précise les objectifs par service ainsi que les valeurs cibles.
Afin de respecter ses engagements à l’égard de ses clients, la société s’attache à avoir :
- des effectifs constitués d’un personnel qualifié, formé et habilité pour l’exécution des tâches qui lui sont confiées, évoluant dans un environnement de travail approprié, suffisamment nombreux pour absorber dans de bonnes conditions les volumes à traiter ;
- des moyens matériels adaptés en quantité et en qualité pour absorber les volumes à traiter dans chaque catégorie de prestation, maintenus dans un bon état de disponibilité et de fonctionnement grâce à l’effet combiné des actions préventives et curatives de maintenance, et pour certains sécurisés de manière spécifique ;
- des procédures opérationnelles adaptées à chaque service et à chaque catégorie de personnel (chauffeurs, releveurs, opérateurs, etc.) et qui détaillent les responsabilités de chacun, les tâches à accomplir, les documents à utiliser, la conduite à tenir en cas de difficultés pour en minimiser les conséquences.
4 - DEMARCHE SQE APPLIQUEE A UNE INSTALLATION DE TRAITEMENT OU DE STOCKAGE
4.1 - Centre de tri et démarche sécurité
4.1.1 - L’activité de tri
Cette activité se concentre en un lieu précis : le centre de tri. Le tri des déchets ménagers et assimilés est une opération industrielle qui vise à séparer les unes des autres des catégories voire des sous-catégories de matériaux (verre, papiers, cartons, plastiques, etc.). Cette opération s’effectue aujourd’hui à l’aide de machines (crible, trommel, crible à étoiles ou à disques, séparateur à courants de Foucault, overband et autres matériels) mais conserve une part importante de tri manuel : les opérateurs ôtent du flux de matériaux les gros indésirables (gros cartons par exemple, films plastiques), c’est ce qui s’appelle le pré-tri, et affinent le tri réalisé par les machines.
Une fois triés, les matériaux sont conditionnés (en balles, en paquets ou en vrac) puis acheminés vers des industriels recycleurs.

4.1.2 - La mise en place d’une démarche sécurité
Dans un centre de tri, les risques encourus par le personnel sont essentiellement les risques d’accidents corporels. Il s’agit généralement :
- * d’une coupure ou piqûre lors de la manipulation des produits sur la table de tri ;
- * de la projection d’un objet ou d’un produit liquide dans l’œil ;
- * d’un accident lors de la maintenance d’une machine ;
- * d’un accident de circulation ;
- * de la chute d’un objet, d’une chute corporelle ou glissade ;
- * de l’inhalation d’une vapeur quelconque.
De manière plus exceptionnelle et rare, il peut survenir un incendie dans le centre de tri. Le risque d’incendie est lié à la présence de matériaux combustibles (papiers-cartons, plastiques, etc.) dans l’installation.
Une démarche sécurité a pour objectif de prévenir les accidents et de limiter les risques encourus par le personnel dans son travail quotidien. Il s’agit de mettre en place une organisation en interne afin de mesurer et suivre le nombre d’accidents, d’en connaître les causes et d’enclencher des mesures correctives.
Dans un centre de tri, la prévention des accidents de travail passe essentiellement par :
- * la mise à disposition d’équipements de protection individuelle (gants, chaussures de sécurité pour les employés travaillant en dehors de la ligne de tri, lunettes de protection pour les postes présentant des risques de projection élevés, bouchons, casques antibruit, etc.) ;
- * l’information et la sensibilisation du personnel (documentation sur les équipements à disposition, les consignes de tri, le cadre de travail et les risques inhérents) ;
- * la signalisation des risques sur le lieu de travail ;
- * l’équipement des machines dangereuses de dispositifs de sécurité (équipement des alimentateurs des cribles et presses à balles de dispositifs permettant de détecter une personne à proximité et d’arrêter automatiquement la machine et son alimentation) ;
- * la mise en place de procédures de verrouillage des équipements pour la maintenance ;
- * l’organisation de la circulation des piétons et des véhicules sur le site.
4.1.3 - L’exemple du centre de tri TRISELEC-Lille
Le centre de tri TRISELEC-Lille
Le centre de tri de Lille Métropole Communauté Urbaine est exploité par une société d’économie mixte, TRISELEC-Lille, dont le capital est détenu par la communauté urbaine, actionnaire majoritaire, et quatre collèges d’actionnaires, constitués de groupes, d’entreprises, d’associations et de particuliers qui se sont intéressés au dispositif.
Le centre de tri occupe une surface d’environ 15 000 m2 et a une capacité de traitement de 60 000 tonnes par an. Il accueille une collecte bi-flux : corps creux (verre compris) / corps plats. Le tri des matériaux recyclables effectué dans le centre permet de les séparer en 16 flux différents. Chaque famille de déchets suit un parcours en 6 grandes étapes :
- pesée et réception ;
- premier tri manuel pour retirer les indésirables ;
- tri mécanisé qui affine le travail précédent ;
- nouveau tri manuel ;
- conditionnement en balles ou en bennes ;
- stockage avant enlèvement par les industries du recyclage.
Le centre de tri outil industriel présente la particularité d’être un outil de réinsertion sociale. Lors de l’implantation de l’usine, TRISELEC-Lille a été sollicitée par les différentes communes de la Vallée de la Lys pour les aider à faire face au chômage. La SEM s’est alors engagée dans la lutte contre l’exclusion et a mis en place un dispositif de gestion des ressources humaines adapté à des personnes en difficulté. Ce dispositif a deux fonctions principales : d’une part requalifier des opérateurs en milieu industriel et d’autre part, organiser leur reclassement professionnel dans d’autres entreprises.
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE SECURITE, QUALITE, ENVIRONNEMENT APPLIQUEE AU CENTRE DE TRI
Après la certification ISO 14001 (management environnemental), le centre de tri TRISELEC-Lille s’est vu certifié ISO 9002 en mars 2000. La démarche qualité adoptée concerne l’ensemble des activités du centre de tri, celle de tri mais également celle dite d’insertion, de requalification et de reclassement de personnel en difficulté. La SEM a souhaité certifier ISO 9002 ses activités afin que son savoir-faire soit reconnu. La SEM a également engagé une démarche sécurité afin de prévenir et limiter les accidents de travail.
TRISELEC-Lille s’est définie une politique globale sécurité, qualité, environnement et s’est engagée à :
- respecter la réglementation applicable à l’activité ;
- prévenir et prendre des précautions pour empêcher tout incident ou accident ;
- anticiper dans tous les domaines de son activité ;
- réduire ou supprimer toute pollution reconnue ;
- être en adéquation permanente avec les besoins des partenaires de la structure ;
- assurer l’information et la formation de l’ensemble du personnel ;
- entretenir et développer la communication interne et externe.
En matière de sécurité, la démarche s’appuie sur les axes suivants :
- une formation sécurité obligatoire des employés ;
- l’analyse et la mise en œuvre d’actions après chaque accident : l’analyse est menée par des gens de terrain et a pour objectif de rechercher les causes de l’accident ;
- le suivi d’indicateurs sécurité pour mesurer et suivre la performance du centre en matière de sécurité : le taux de fréquence des accidents, le taux de gravité, les heures de formation sécurité délivrées.
Le centre de tri dispose d’un tableau de bord regroupant l’ensemble de ses indicateurs sécurité, qualité et environnement.
4.2 - Unité de traitement biologique et démarche qualité
4.2.1 - L’activité de traitement biologique
Le traitement biologique des déchets se fait soit par compostage (fermentation aérobie contrôlée, c’est-à-dire en présence de l’oxygène de l’air, qui aboutit à la production d’un amendement organique), soit par méthanisation (fermentation anaérobie qui aboutit à un dégagement de biogaz et à un digestat).
Cf. : dossier « Le traitement biologique des déchets organiques » du Cercle National du Recyclage.
Le compostage
Il permet de traiter les déchets organiques des collectivités :
- la fraction fermentescible des ordures ménagères : déchets putrescibles, textiles sanitaires, papiers, cartons ;
- les déchets verts des ménages et ceux des collectivités ;
- les boues de station d’épuration ;
- les graisses et matières de vidange.

La méthanisation
Elle concerne plus particulièrement les déchets organiques riches en eau et à fort pouvoir fermentescible (fraction fermentescible des ordures ménagères, boues de station d’épuration, graisses et matières de vidange, certains déchets des industries agroalimentaires, certains déchets agricoles).

4.2.2 - La mise en place d’une démarche qualité
Pour mettre en place une démarche qualité dans une unité de compostage ou une installation de méthanisation, il faut tout d’abord identifier ses clients, connaître leurs attentes et exigences puis définir les paramètres que l’on va suivre et les objectifs qu’on se fixe.
Les clients d’une unité de compostage
Ce sont :
- les collectivités locales qui y acheminent leurs déchets ;
- les utilisateurs de compost.
Les utilisateurs de compost peuvent être :
- des agriculteurs et les activités assimilées (maraîchage, viticulture, etc.) ;
- des services d’entretien d’espaces verts ;
- des habitants ;
- des services d’aménagement de la voirie ou de réhabilitation des carrières ;
- des stations de sports d’hiver.
Chacun de ces clients a des attentes spécifiques en terme de qualité.
Pour les utilisateurs de compost, le produit fini doit respecter des critères fonction du domaine d’application : agriculture, espaces verts, revégétalisation de sites dégradés, etc.. Des critères qualité sont par exemple l’efficacité agronomique du compost, l’absence d’impuretés et de toxicité vis à vis du sol et des cultures, la constance de sa composition.
Les collectivités locales souhaitent, quant à elles, que l’unité de compostage puisse traiter l’ensemble des tonnages qu’elles y acheminent, que la quantité de matière valorisée soit élevée et que le coût demeure acceptable.
La qualité du compost produit dépend de la qualité du flux entrant dans l’unité mais aussi de la technique de compostage qui exige de la rigueur dans le suivi de l’ensemble des différentes étapes du compostage. La mise en place d’une démarche qualité dans une installation de compostage porte donc sur le suivi de paramètres de production, sur le contrôle des entrants, sur le contrôle du produit fini.
Les clients d’une installation de méthanisation
Ils sont principalement :
- les collectivités locales qui font traiter leurs déchets dans cette installation ;
- les différents utilisateurs de compost et de biogaz (collectivités, unités de traitement, électricité de France, gaz de France, les cimenteries, briqueteries, etc.).
Pour les utilisateurs de biogaz, la qualité du produit est principalement déterminée par sa teneur en méthane. L’insertion de biogaz dans le réseau de gaz de ville, son utilisation comme carburant ou sa combustion pour l’alimentation d’un moteur électrique, exigent des qualités de biogaz différentes. Les étapes d’épuration du gaz permettent d’obtenir des teneurs plus élevées en méthane.
4.2.3 - L’exemple de l’unité de compostage du SIVOM de Bapaume (62)
Le SIVOM de Bapaume regroupe 63 communes en milieu rural.
L’unité de compostage
Elle a été inaugurée en 1998 et est située à Bapaume. Elle occupe 3 000 m2 couverts sur un site de 3,5 hectares. Sa capacité optimale est de 7 000 tonnes par an. L’installation traite la fraction fermentescible des déchets ménagers, les déchets verts mais aussi les papiers-cartons.
Le compostage des déchets est réalisé en 5 étapes :
- 1. La réception des déchets compostables en provenance des poubelles vertes et des déchets verts en provenance des déchèteries.
- 2. Le broyage : les déchets sont broyés puis stockés dans une cellule tampon d’une capacité de 12 tonnes avant d’être transportés vers le module de fermentation.
- 3. Le compostage (ou fermentation aérobie).
- L’affinage par criblage : les déchets métalliques sont éliminés par un équipement magnétique de déferaillage puis passent dans un crible rotatif de maille 20 mm afin d’éliminer les éléments grossiers et indésirables du compost.
- La maturation : cette opération dure de 2 à 3 mois. Le compost continue sa dégradation jusqu’à stabilisation de son activité biologique.
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE QUALITE APPLIQUEE AU CENTRE DE TRAITEMENT BIOLOGIQUE
La démarche qualité a pour but de garantir la qualité du produit fini, le compost. Les utilisateurs du compost étant des agriculteurs qui produisent pour des conserveries, ils ont à respecter les exigences des chartes qualité de ces industries. Le SIVOM a donc du mettre en place un système de contrôle de la qualité du produit final. Le produit final fait l’objet d’analyses mensuelles effectuées par un laboratoire privé reconnu par la chambre d’agriculture. Ces analyses permettent le suivi de la qualité agronomique et de la concentration en métaux lourds du compost.
Pour assurer la qualité du compost, le SIVOM s’attache à maîtriser le procédé de traitement mais mène aussi des actions plus en amont, dans le but d’améliorer la qualité des flux entrants dans l’installation : actions de communication auprès des habitants.
4.3 - Unité d’incinération et démarche qualité
4.3.1 - L’activité d’incinération
L’incinération est un traitement thermique des déchets, réalisé à température élevée dans des conditions contrôlées, et mettant en œuvre des procédés de combustion et/ou de thermolyse.
Il est possible de valoriser les déchets par incinération en récupérant une partie de leur contenu énergétique. La pratique la plus courante consiste à utiliser la chaleur des gaz de combustion pour produire de la vapeur qui sera employée pour alimenter un processus industriel ou un réseau de chauffage, pour faire fonctionner un turboalternateur qui produira du courant électrique.
Les sous-produits générés, mâchefers et REFIOM (Résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères récupérés au niveau des équipements de traitement des fumées d’incinération et composés des cendres de dépoussiérage et des résidus de neutralisation), sont des déchets ultimes. Toutefois, les mâchefers peuvent, sous conditions, faire l’objet d’une utilisation comme substitut de granulats naturels.
Cf. : dossier « Quel devenir pour les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères ? » du Cercle National du Recyclage.
L’incinération doit être assortie d’un traitement des gaz (dépoussiérage, neutralisation, piégeage des métaux lourds) pour que soit évité un transfert de pollution significatif vers l’atmosphère.
Les installations de traitement thermique peuvent traiter :
- les ordures ménagères résiduelles après différentes collectes séparatives ou opérations de tri, ainsi que les ordures ménagères brutes ;
- les déchets industriels banals ;
- les boues de station d’épuration, préalablement déshydratées ou pulvérisées directement dans les fours pour y être brûlées ;
- les déchets d’activités de soins à risques infectieux, pour autant qu’ils soient enfournés directement dans la chambre de combustion, sans passer par la fosse. Sinon, ils peuvent être décontaminés par un procédé agréé devenant ainsi assimilables aux ordures ménagères et peuvent alors être déversés dans la fosse avant d’être traités.
4.3.2 - La mise en place d’une démarche qualité
La démarche qualité commence par l’identification des clients de l’usine d’incinération qui sont principalement :
- les collectivités locales qui font traiter leurs déchets dans l’installation ;
- les utilisateurs de l’électricité ou de la chaleur produites.
Mis à part le coût du traitement, les tonnages traités, les quantités d’électricité ou de chaleur produites, les contraintes qualité portent essentiellement sur le traitement thermique lui-même qui doit être mené dans des conditions optimales, à proximité de la capacité nominale des équipements. En effet, l’incinération ne permet aucune souplesse de fonctionnement : utilisée en sur ou sous-capacité, elle pose des difficultés d’ordre tant technique qu’économique. De plus, elle ne peut pas non plus être mise en œuvre pour de petits gisements.
4.3.3 - L’exemple de d’une unité d’incinération du SYCTOM de l’agglomération parisienne
L’unité de valorisation énergétique d’Ivry-sur-Seine
Le SYCTOM de l’agglomération parisienne est le propriétaire de l’installation et en a confié l’exploitation à la société TIRU. Cette unité, située à Ivry-sur-Seine (Val de Marne), a été mise en service en 1969. Elle est équipée de 2 groupes four-chaudière qui lui confèrent une capacité annuelle de traitement d’environ 730 000 tonnes de déchets ménagers à un PCI voisin de 8 350 kJ/kg (2 000 kcal/kg).
L’usine produit de la vapeur à 75 bars et 470° C qui est dirigée vers un groupe turboalternateur à condensation équipé d’un soutirage alimentant le réseau de vapeur exploité par la CPCU (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain).
L’usine produit environ annuellement 1 300 GWh dont 87 % sont valorisés dans le réseau CPCU, le reste est valorisé sous forme d’électricité utilisée pour les propres besoins de l’usine, le surplus étant vendu à EDF.
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE QUALITE APPLIQUEE A UNE UIOM
La société TIRU a instauré, pour l’usine d’Ivry-sur-Seine, un système de management de la qualité conforme à la norme ISO 9002. La démarche qualité a été entreprise à l’initiative du groupe qui s’est lancé dans une démarche de certification des différentes installations qu’il exploite (exemple : certification de la plate-forme de traitement des mâchefers d’Isles-les-Meldeuses et de celle de Protires à Strasbourg, certification de l’usine d’incinération de Saint-Ouen). L’objectif de cette démarche : améliorer la qualité de ses prestations vis-à-vis de ses clients. Dans le cadre de sa démarche qualité sur l’usine d’Ivry-sur-Seine, la société TIRU a identifié les clients de l’usine :
- le SYCTOM ;
- la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) qui récupère la chaleur produite à partir de l’incinération des déchets et la distribue dans le réseau de chauffage alimentant des logements, hôpitaux et collectivités ;
- EDF qui rachète l’électricité produite par la valorisation électrique des déchets.
En fonction des attentes des clients, il a été décidé de mesurer et suivre certains paramètres à l’aide d’indicateurs qualité comme :
- la disponibilité des chaudières ;
- la production d’électricité ;
- le nombre d’audits internes effectués sur le terrain ;
- le temps de réponse aux questions posées par les clients.
Dans le cadre du système de gestion de la qualité, les problèmes soulevés sont hiérarchisés et chaque incident repéré est systématiquement résolu par la méthode de la boucle de résolution des problèmes.
Lors de la réunion quotidienne de coordination, les actions préventives et correctives sont déclenchées pour éviter que des problèmes récurrents n’apparaissent. Enfin, un programme annuel d’audits qualité est mis en place entre les différents services de l’usine par des salariés indépendants de l’activité auditée et formés à cet effet.
4.4 - Installation de stockage et démarche environnement
4.4.1 - L’activité de stockage
Le stockage constitue le dernier maillon de la filière de tri et de traitement des déchets.
On distingue trois catégories de décharge (article 4 de la directive 1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge) :
- décharges pour déchets dangereux ;
- décharges pour déchets non dangereux ;
- décharges pour déchets inertes.
Les installations de stockage de déchets sont placées en aval des filières de tri et de traitement et accueilleront une part de plus en plus importante de résidus de traitement (refus de tri, refus de compostage, REFIOM, mâchefers classe S, déchets « ultimes », etc.)
Le site de stockage est subdivisé en casiers, volumes délimités par une digue périmétrique stable étanche et dont la géométrie permet d’éviter les transferts et débordements de lixiviats d’un casier à un autre (notion d’indépendance hydraulique des casiers). Le fond des casiers (et parfois les flancs) sont munis d’une géomembrane, ou d’un dispositif équivalent, surmonté d’une couche de drainage. Les déchets sont déposés en couches successives et compactés sur site. Ils sont recouverts régulièrement de matériaux inertes pour limiter les nuisances.
4.4.2 - La mise en place d’une démarche environnementale
Sur un site accueillant une activité de stockage, il est obligatoire de mettre en place différentes mesures afin de limiter ou d’éviter les pollutions ou nuisances suivantes :
- impact visuel ;
- nuisances olfactives : les activités de stockage sont émettrices de gaz odorants ;
- envols de déchets et dispersion sur la voie publique et dans le voisinage : les jours de grand vent, les vieux papiers et sachets plastiques provenant des décharges risquent de se disperser à la périphérie ;
- prolifération des rats, insectes, oiseaux sur le site ;
- nuisances sonores : trafic, circulation des engins sur le site ;
- pollution des eaux souterraines et de surface : la décomposition des déchets dans les décharges, conjuguée avec l’infiltration de l’eau de pluie, produit un liquide appelé lixiviat dont il faut éviter toute infiltration dans le sol ;
- pollution de l’air et émission de gaz à effet de serre : la décomposition de la matière organique des déchets génère un mélange de gaz, le biogaz, composé à part égale de gaz carbonique et de méthane. La capacité du méthane CH4 à créer un effet de serre est 21 fois supérieure à celle du gaz carbonique CO2.
La mise en place d’une démarche environnementale dans une installation de stockage commence par l’identification des impacts de l’activité sur l’environnement et par la détermination des impacts significatifs. Pour cette activité, ce sont principalement les impacts sur l’eau et l’air qui sont à surveiller : contrôle des rejets (lixiviats, rejets gazeux, eaux de ruissellement), surveillance de la qualité des eaux souterraines, contrôle de la qualité du ou des aquifères susceptibles d’être pollués par l’installation de stockage, analyse du biogaz capté dans l’installation, analyse des émissions en cas de destruction par combustion du biogaz, etc. Outre les contrôles, des dispositions préventives peuvent être prises :
- installation d’équipements de récupération du biogaz sur le site, d’équipements de valorisation électrique ;
- conception et construction des décharges de manière à éviter tout contact entre les déchets et le milieu naturel par la mise en place d’un écran géologique sous forme de couches de matériaux imperméables, comme l’argile, surmontées d’un système d’étanchéité et de drainage utilisant des géosynthétiques ;
- etc.
La démarche environnementale va permettre d’assurer un suivi des indicateurs environnement et la mise en place d’actions correctives en cas de dysfonctionnement.
4.4.3 - L’exemple d’un site de stockage
L’installation de stockage de SITA FD à Hersin-Coupigny (62)
L’activité principale du site d’Hersin-Coupigny, dont la capacité annuelle est de 600 000 tonnes, est l’enfouissement de déchets (ménagers et assimilés, déblais, gravats, déchets industriels banals). Les déchets industriels toxiques, liquides, radioactifs, hospitaliers, explosifs ou inflammables sont interdits sur le site.
Les déchets sont contrôlés à leur entrée sur le site. Un contrôle de non radioactivité est effectuée sur chaque camion. Les camions voient leur cargaison pesée, identifiée et qualifiée, sous contrôle vidéo. Après acceptation, les déchets sont acheminés vers la zone de stockage.
Les zones de stockage sont constituées de casiers distincts comportant chacun des alvéoles de petite taille afin de limiter l’exposition des déchets à la pluie. Les alvéoles en activité sont compactées en permanence afin d’assurer une cohésion mécanique du massif et de limiter les nuisances (envols et nuisances olfactives).
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE ENVIRONNEMENTALE APPLIQUEE A UN CENTRE DE STOCKAGE
SITA FD, exploitant de centres de traitement et de stockage de déchets industriels et ménagers, s’est lancé dans une démarche qualité et environnement afin de satisfaire aux mieux :
- les producteurs de déchets qui comptent sur la capacité d’adaptation et d’anticipation du groupe vis-à-vis des nouvelles contraintes techniques et réglementaires ;
- les riverains des sites et l’administration de contrôle (la DRIRE) qui exigent la maîtrise des nuisances éventuellement occasionnées et un respect permanent de la réglementation.
Différents sites du groupe ont été certifiés ISO 9001 et/ou ISO 14001. Le site d’Hersin-Coupigny dans le Pas-de-Calais a, quant à lui, obtenu les certifications ISO 9001 (en 1998) et ISO 14001 (en 1999).
Pour une installation de stockage, les exigences réglementaires en matière d’environnement sont nombreuses. L’exploitant d’une installation de stockage, même s’il ne s’est pas lancé dans une démarche environnementale, est de toute façon obligé de prendre des mesures pour limiter les pollutions et nuisances générées par son activité (cf. arrêté du 3 avril 2002 modifiant l’arrêté du 31 décembre 2001 modifiant l’arrêté du 9 septembre 1997 relatif aux décharges existantes et aux nouvelles installations de stockage de déchets ménagers et assimilés). Cependant, l’intérêt d’une démarche environnementale selon la norme ISO 14001, est qu’elle oblige l’exploitant à faire régulièrement le point sur ses non conformités par rapport à la réglementation et à engager des actions pour, progressivement, respecter toutes les exigences imposer par la loi. Sur le site d’Hersin-Coupigny, un dispositif de veille réglementaire a été mis en place pour suivre les évolutions réglementaires et s’y conformer au plus tôt. La démarche a également permis d’identifier les impacts significatifs du site sur son environnement et de mettre en place des actions pour les limiter. Grâce à la mise en place de la démarche environnementale, l’exploitant dispose désormais d’une trace écrite de tout ce qui se fait sur le site. Enfin, le personnel est désormais davantage sensibilisé et donc incité à mieux prendre en compte les aspects environnementaux dans son travail quotidien.
Les dispositions prises pour éviter et limiter toute pollution des eaux
L’objectif est de maîtriser constamment les interactions entre le déchet et son environnement par utilisation de matériaux argileux (imperméables) dans le fond et sur les flancs des zones en exploitation, sécurisée par une géomembrane et un réseau de récupération des eaux de fond.
Une fois atteint le profil de réaménagement de la zone, un complexe d’étanchéité drainage est mis en place avant la couverture finale de terre pour constituer le confinement supérieur qui isolera les déchets des eaux de pluie et de ruissellement, et optimisera la récupération du biogaz.
Les eaux du centre sont collectées par des fossés et des drains. Les eaux de ruissellement sont dirigées vers un bassin tampon à des fins de contrôle. Les eaux propres rejoignent un ruisseau avoisinant. Les eaux souillées et les lixiviats (eaux ayant été en contact avec les déchets) sont conduits à la station d’épuration du site.
La nappe phréatique présente sous le site est contrôlée à intervalle régulier par un laboratoire extérieur agréé par le ministère chargé de l’environnement.
Les dispositions prises pour réduire les nuisances olfactives
Afin de limiter les risques de migration du biogaz et de réduire ses nuisances olfactives, le centre s’est doté d’un système de collecte en deux parties :
- l’une, enterrée au sein de la masse des déchets (infrastructures de captage : puits, drains, etc.) ;
- l’autre en surface (canalisation de transport de gaz et couverture adaptée).
Le biogaz collecté est soit valorisé, soit brûlé par des torchères. La valorisation représente plus d’un tiers du traitement du biogaz du centre (chauffage des bâtiments et des lixiviats avant traitement par la station d’épuration, etc.).
Les dispositions prises pour réaménager le site après exploitation
La société s’est engagée à aménager, au terme de son activité, le site de façon à l’intégrer de manière harmonieuse dans l’environnement de la région. C’est pourquoi le centre développe une méthode de revégétalisation basée sur la reconquête programmée du terrain par la nature. Plus de 600 000 végétaux ont ainsi été plantés depuis la création du site. Ce travail s’inscrit dans la perspective de la réappropriation des lieux par les populations riveraines.
Les actions menées pour informer les paries intéressées
Au-delà de l’information due à l’administration de contrôle, le centre entretient des contacts réguliers avec les élus locaux, les riverains et associations, soit par des contacts séparés, soit dans le cadre de la Commission Locale d’Information et de Surveillance (CLIS) à laquelle sont régulièrement présentés des rapports d’activité industriels et environnementaux.
N. B. : la loi de finances rectificative pour 2002 (n° 2002-1576 du 30 décembre 2002) fixe à 7,5 € par tonne le montant de la taxe perçue pour les déchets réceptionnés dans des installations de stockage certifiées ISO 14001 ou enregistrées EMAS.
5 - PERSPECTIVES D’EVOLUTION POUR LES DEMARCHES SQE DANS LES ACTIVITES DECHETS
5.1 - Les travaux et réflexions menés à l’AFNOR
Partant du constat que, dans le domaine des déchets, il existait certaines disparités dans la mise en œuvre des systèmes de management environnemental structurés selon la norme ISO 14001, AFNOR a décidé de rédiger un « Guide sectoriel » pour l’application de l’ISO 14001 au domaine du stockage des déchets. Ce guide a pour objectif d’aider les acteurs à transcrire les exigences de la norme à leurs propres activités et de fournir des recommandations et conseils pour la lecture et la mise en œuvre d’un système de management environnemental dans le domaine du stockage des déchets. Il s’agit pour cela :
- de rendre plus claire et plus transparente les relations entre collectivités locales et gestionnaires de service dans les démarches de management environnemental selon la norme ISO 14001 ;
- d’élargir les échanges et les relations sur le thème du management environnemental à d’autres catégories d’acteurs ;
- d’éviter les disparités concernant les organismes certifiés ISO 14000 dans le domaine des déchets ;
- d’aider à l’intégration des démarches ISO 9000 et ISO 14000 en fournissant aux organismes les niveaux de compatibilité entre une démarche qualité et environnement pour le stockage des déchets.
5.2 - Exemples d’autres initiatives
D’autres projets sont menés afin d’inciter les acteurs des activités déchets à adopter des démarches sécurité, qualité et/ou environnement.
Par exemple, à la demande du Ministère chargé de l’environnement, l’ADEME a défini et engagé un programme d’actions relatif à la valorisation biologique. Dans ce programme est traité le thème de la qualité des composts :
- réflexion sur les prescriptions techniques minimales pour les composts avec les professionnels du déchet (FNADE) ;
- enquête nationale sur la qualité des composts ;
- lancement de trois programmes régionaux d’essais agronomiques, d’autres étant en préparation.
Dès 1998, l’ADEME a mis en place un dispositif d’aide financière aux investissements de traitement biologique, lorsque ces investissements :
- mettent en œuvre une collecte sélective de la fraction fermentescible ;
- intègrent une démarche qualité ;
- organisent des « clubs locaux » d’utilisateurs et de producteurs de compost de déchets municipaux.
En juillet 1998, la Commission Européenne a également notifié son accord à l’ADEME pour le financement du projet QUALORG (qualité organique des fertilisants). Ce projet vise à mettre au point des outils méthodologiques d’une procédure de suivi de la qualité de la collecte et du traitement biologique des déchets fermentescibles, et de l’utilisation des composts obtenus.
Ces outils sont expérimentés sur différents site pilotes. L’impact sur les performances techniques et économiques sera évalué. Ce projet associe les collectivités locales, leurs opérateurs, l’institut technique du vin et le groupe Bonduelle. Le comité d’orientation de ce programme regroupe, quant à lui, le Ministère chargé de l’environnement et l’Association des Maires de France.
SYSTEMES DE MANAGEMENT SECURITE, QUALITE, ENVIRONNEMENT APPLIQUES AU SERVICE PUBLIC D’ELIMINATION DES DECHETS MENAGERS ET ASSIMILES
INTEGRER LA SECURITE, LA QUALITE ET L’ENVIRONNEMENT DANS LES ACTIVITES DE CONCEPTION, DE PRODUCTION ET DE SERVICE - PARTIE I
1 - DIFFERENTES DEMARCHES POSSIBLES
Afin de prendre en compte la sécurité, la qualité et/ou l’environnement, un organisme a le choix entre deux types d’approches
- une approche par le produit (ou service) : il s’agit de gérer la qualité d’un produit, de le fabriquer de manière à limiter ses impacts sur l’environnement, à anticiper les risques encourus par ses futurs utilisateurs ;
- une approche par le système : il s’agit de maîtriser l’organisation d’une entreprise afin de limiter les pollutions générées par l’activité, de réduire les risques d’accidents et/ou d’améliorer la qualité du travail effectué.
Ces deux approches ne sont pas contradictoires et peuvent même être complémentaires au sein d’une même entreprise, d’un même organisme.
Une fois le type d’approche sélectionnée, différentes démarches sont possibles :
- soit la structure décide de définir sa propre démarche et de la crédibiliser elle-même auprès de ses partenaires, clients, etc. ;
- soit elle choisit de s’appuyer sur une démarche prédéfinie (qu’elle devra quand même adapter à son cas particulier), basée sur des référentiels préexistants déterminant l’organisation à mettre en place, les critères à respecter pour les produits et/ou services, etc. Ces référentiels permettent en général d’obtenir une reconnaissance officielle, la certification : une tierce partie peut vérifier que l’organisme a bien respecté le référentiel et délivrer un certificat de conformité. Comme le soulignent les exemples suivants, les référentiels existants, même si ils ont été initialement élaborés pour des entreprises, peuvent être adoptés par des structures de natures diverses et variées.
Diversité des structures adoptant une démarche de certification
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Structure
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Mission
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Nature et périmètre de la certification
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| Section de l’assainissement de Paris (Sap-75) |
Service municipal chargé de construire, d’exploiter et d’entretenir les égouts parisiens |
Certification du système de management environnemental appliqué à l’ensemble de ses activités sur la ville de Paris |
| Agence de l’eau Artois Picardie |
Etablissement public dont la mission est de contribuer à préserver les ressources en eau et à lutter contre les pollutions en respectant le développement des activités économiques |
Certification du système de gestion de la qualité appliqué à l’ensemble de ses activités |
| Sypartec (73) |
Syndicat mixte chargé de l’aménagement du parc technologique Savoie Technolac |
Certification du système de management environnemental appliqué à l’ensemble de ses activités sur le parc Savoie Technolac |
| Aéroports de Paris |
Société gestionnaire d’aéroports |
Certification du système de management environnemental appliqué à l’ensemble de ses activités hors navigation aérienne sur la plate-forme de Roissy-CDG |
1.1 - En amont
1.1.1 L’approche « produits et services »
Certaines entreprises ont construit des référentiels sécurité, qualité et/ou environnement pour des produits qu’elles commercialisent. Elles s’engagent alors à ce que tout ou partie de leurs produits respectent les critères inscrits dans ces référentiels. Afin de mettre en avant les produits concernés, elles affichent sur leurs emballages un signe distinctif qu’elles ont elles-même défini : un logo.
Dans le domaine de la grande distribution par exemple, des entreprises ont pris l’initiative de mener des actions afin de limiter l’impact des produits qu’elles vendent sur l’environnement. Pour faire connaître leurs démarches auprès du grand public, elles ont créé des logos qui apparaissent sur l’emballage des produits et vantent leur caractère respectueux de l’environnement.
Ces logos dits « écolabels autoproclamés » s’appuient sur des initiatives privées. Leur crédibilité repose essentiellement sur la rigueur des référentiels leur servant de support et sur la réputation qu’ils ont réussi à construire.
L’utilisation d’arguments écologiques dans la communication est soumise à l’ensemble des dispositions légales et réglementaires régissant la publicité. Ces règles s’organisent autour de deux axes : d’une part la publicité ne doit pas tromper le consommateur ; d’autre part la publicité ne doit pas constituer un acte de concurrence déloyale.
L’annonceur doit donc être en mesure de produire tous éléments propres à justifier ses allégations, indications ou présentations publicitaires. Aussi, il ne peut recourir à des conclusions scientifiques relatives à l’environnement qui ne reposeraient pas sur des travaux scientifiques reconnus. Les « écolabels autoproclamés » font l’objet de contrôles ponctuels de la part de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).
Les deux logos d’entreprises suivants sont des exemples d’écolabels autoproclamés.
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Les entreprises, organismes, peuvent également avoir recours à d’autres outils pour faire connaître leur engagement en faveur de la sécurité, de la qualité et/ou de l’environnement : la charte par exemple.
EXEMPLE D’UNE CHARTE QUALITE-SECURITE
Une charte qualité-sécurité a été préparée par une commission placée sous l’égide des syndicats professionnels (SNAD1 et FAMAD2) avec le concours de la CNAM3, à l’initiative des constructeurs et exploitants. Cette charte est relative à la conception et à la fabrication des compacteurs de déchets et regroupe les engagements des constructeurs de compacteurs de déchets. Ils s’engagent :
- respecter l’ensemble des dispositions relatives à la conception et à la construction des compacteurs de déchets et décrites dans la charte. Ces dispositions ont pour objectif l’amélioration de la sécurité des personnels lors des opérations d’utilisation et de maintenance. Elles portent sur les informations à transmettre au futur utilisateur, les dispositifs de sécurité à mettre en place pour protéger les utilisateurs, la mise à niveau des matériels anciens ;
- à tenir en stock les pièces détachées et s’engagent à disposer des personnels propres à intervenir sur l’ensemble du territoire français dans des délais réduits pour tous les problèmes techniques ;
- à fournir, à partir de l’identification des matériels anciens, les éléments nécessaires à assurer la conformité de ceux-ci.
1. SNAD : Syndicat national des activités du déchet
2. FAMAD : Chambre syndicale nationale des fabricants de matériel de nettoiement, de collecte et de traitement des déchets
3. CNAM : Caisse Nationale d’Assurance Maladie
Une charte ne doit pas se limiter à de simples déclarations d’intention mais doit proposer des améliorations concrètes. Elle regroupe de façon synthétique les engagements de l’ensemble des membres d’un organisme envers leurs « clients » et doit avoir une valeur de communication, transmettre des messages aisément repérables.
Les engagement énoncés doivent être réalisables, faisables, réalisés, mesurés, mémorisés. Ils doivent être connus de tous les acteurs.
Pour résumer le principe d’une charte, on peut dire que :
- à l’intérieur de la structure : le message doit être connu et les engagements déclinés en terme de moyens d’action et de mesures ;
- à l’extérieur : le message doit être connu et vérifiable.
1.1.2 L’approche « système »
Des organismes ont intégré dans leur fonctionnement des critères sécurité, qualité et/ou environnement qu’ils ont définis suite à un travail personnel mené en interne. En matière d’environnement par exemple, certains mesurent de façon régulière les impacts de leur activité sur l’eau, l’air et/ou le sol et engagent des actions correctives pour les atténuer. De telles démarches nécessitent l’adhésion de tous les employés de la structure, la capacité et la volonté de s’auto-évaluer, de la persévérance et de la rigueur car l’organisme est seul juge de ses efforts et de ses résultats.
Afin de communiquer sur cet engagement en faveur de la sécurité, de la qualité et/ou de l’environnement, des documents comme les chartes peuvent être établis.
EXEMPLE D’UNE CHARTE QUALITE
La Région Poitou-Charentes et la délégation régionale de l’ADEME ont décidé de mettre en œuvre une procédure de charte qualité des Déchèteries afin d’inciter les maîtres d’ouvrage à optimiser le fonctionnement des ouvrages. Une classification des déchèteries est instaurée sur la base d’une échelle croissante de qualité :
- la « qualification déchèterie » ;
- le label « déchèterie plus » ;
- le label « déchèterie 2 plus » ;
- le label « déchèterie professionnels » ;
- une mention spéciale « Toxiques des professionnels ».
La qualité est définie par les critères suivants : respect de la procédure administrative d’autorisation ou de déclaration de la déchèterie, configuration du site (site gardienné, clôturé, etc.), information disponible pour les usagers (signalétique, affichage des horaires, etc.), fonctionnement du site (horaires d’ouverture, tenue d’un registre, etc.), équipements utilisés et types de déchets récupérés.
Les maîtres d’ouvrage de déchèterie qui souhaitent adhérer à la charte Qualité en font la demande auprès de l’ADEME, en déposant un dossier de candidature. L’instruction des dossiers est assurée par l’ADEME après une visite du site. La décision finale appartient au délégué régional de l’ADEME et au président du conseil régional. Le maître d’ouvrage d’un site ayant obtenu la qualification ou un label s’engage à respecter les critères de la Charte Qualité.
La qualification et les labels sont obtenus pour une année. Leur reconduction est conditionnée au respect des critères de la charte et est validée après visite du site
La liste des sites ayant obtenu la qualification ou un label fait l’objet d’une publication annuelle et est diffusée auprès des maîtres d’ouvrage de déchetteries, des organismes compétents en matière de gestion des déchets et de la presse. Un panneau d’entrée mentionnant la qualification ou le label obtenus dans le cadre de la charte est fourni aux maîtres d’ouvrage. Il présente le bilan des matériaux collectés et des filières suivies.
1.2 - Des démarches prédéfinies
Certaines entreprises se réfèrent à des référentiels existants pour intégrer la sécurité, la qualité et/ou l’environnement. Souhaitant généralement faire reconnaître leur démarche, elles choisissent des référentiels qui leur permettent d’obtenir une certification de leurs produits, services ou organisation.
La certification est une procédure par laquelle une tierce partie donne une assurance écrite qu’un produit, un processus (fabrication, approvisionnement, distribution, etc.) ou un service est conforme aux exigences spécifiées. Se faire certifier par un tiers est un acte volontaire qui représente généralement un intérêt commercial pour une entreprise. La certification aboutit à la délivrance d’un certificat de conformité et autorise à l’apposition d’un label sur des produits ou à l’utilisation d’un logo, d’une marque collective, sur les supports de communication de l’entreprise dans le cas de la certification d’un service ou d’un processus.

Exemple de certificat de conformité
1.2.1 Les démarches « produits et services »
Un organisme peut décider d’adopter, pour intégrer des critères sécurité, qualité et/ou environnement dans ses produits ou services, une démarche lui permettant, au final, de certifier ses produits ou services. La certification d’un produit ou d’un service proposé par un organisme est la preuve que le produit ou le service répond bien à un cahier des charges préalablement établi. La certification d’un produit ou d’un service aboutit à la délivrance d’un label, qui est un signe d’identification de la qualité répondant à un ensemble de critères définis dans un cahier des charges et contrôlés par un organisme tiers indépendant et agréé par les pouvoirs publics.
La certification de produits ou de services est encadrée en France par le code de la consommation : « Constitue une certification de produit ou de service soumise aux dispositions de la présente section l’activité par laquelle un organisme, distinct du fabricant, de l’importateur, du vendeur ou du prestataire, atteste, à la demande de celui-ci effectuée à des fins commerciales ou non commerciales, qu’un produit ou un service est conforme à des caractéristiques décrites dans un référentiel et faisant l’objet de contrôles » (article L115-27 du Code de la consommation, partie législative).
On peut citer, comme signes officiels de reconnaissance, les écolabels qui attestent des avantages environnementaux des produits qui les portent. Chaque pays présente ses propres procédures. En France, par exemple, la marque NF-Environnement résulte d’une certification, régie par la loi n° 94-442 du 3 juin 1994. L’écolabel peut être national (« NF-Environnement » français, « Ange bleu » allemand, etc.) ou supranational (Ecolabel européen, Conseil nordique).
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Marque NF Environnement
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Ecolabel européen
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La marque NF Environnement certifie que les produits sur lesquels elle est apposée présente un impact négatif moindre sur l’environnement, tout en garantissant une qualité d’aptitude à l’usage au moins équivalente à celle d’autres produits analogues sur le marché. Elle concerne à la fois le produit et son emballage. C’est une marque volontaire, fondée sur une approche écologique multicritères s’appliquant depuis l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des produits après usage. Elle s’applique aux produits destinés aux consommateurs comme aux produits intermédiaires. Sont provisoirement exclus du champ d’application, les produits pharmaceutiques et agroalimentaires, les services et le secteur automobile.
Le label écologique européen a été institué par le règlement (CEE) n° 880/92 du Conseil du 23 mars 1992. Il sert à promouvoir la conception, la production, la commercialisation et l’utilisation de produits ayant une incidence moindre sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie.
Remarque 1 : Il faut distinguer les labels publics des logos d’entreprises. Dans le domaine de l’environnement, des normes ont été développées dans le but de clarifier et de crédibiliser les initiatives purement privées. Elles portent sur :
- les méthodes d’évaluation des impacts d’un produit sur l’environnement, dont la plus connue est l’analyse du cycle de vie (étude des impacts de l’acquisition des matières premières ou de la génération des ressources naturelles à l’élimination finale du produit) : normes ISO 14040, norme ISO 14041, norme ISO 14043 ;
- les étiquettes ou certificats apposés sur le produit après une telle évaluation :
- ISO 14020 : elle a pour objectif de présenter les principes à appliquer pour le développement et l’utilisation d’un marquage ou d’une déclaration environnementale ;
- ISO 14021 : elle présente les aspects vocabulaire, affirmation, symbole et graphique liés à ce type de déclaration. Elle fournit également une méthodologie générale d’évaluation et de vérification ;
- ISO 14024 : elle présente les recommandations pour les écolabels officiels ;
- ISO TR 14025 : ce rapport technique de l’ISO présente l’état de l’art au niveau international sur les pratiques d’étiquetage de type III (information environnementale quantifiée du cycle de vie du produit, donnée par un fournisseur).
Remarque 2 : Il ne faut pas confondre label et marquage CE. Le marquage CE n’est pas une marque de qualité. C’est un marquage de nature réglementaire, obligatoire pour les produits relevant d’une directive européenne « Nouvelle approche ». Il garantit le respect des exigences réglementaires en matière de sécurité et de santé et confère à ces produits le droit de circuler librement dans tous les pays de l’espace économique européen. Les conditions d’apposition du marquage CE sont définies dans chaque directive et n’impliquent l’intervention d’un organisme tiers que pour les produits présentant des risques graves. Le respect des normes n’étant pas rendu obligatoire dans le cadre des directives « Nouvelle approche », le marquage CE n’atteste pas nécessairement la conformité aux normes européennes.

Marquage CE
1.2.2 Système de management de la qualité
Un organisme qui souhaite adopter une démarche qualité basée sur un référentiel existant se tourne généralement vers les normes ISO 9000 car elles sont applicables à tous les secteurs. Il existe d’autres référentiels qualité mais ils concernent des domaines d’activité particuliers et s’appliquent aux laboratoires de contrôle et d’essai, à l’industrie pharmaceutique, aux hôpitaux, cliniques, assistance publique, etc.
Les normes ISO 9000 ont été élaborées par l’organisation internationale de normalisation (ISO), fédération mondiale d’organismes nationaux de normalisation de quelque 140 pays ayant pour mission de favoriser les échanges de biens et de services et de développer la coopération dans les domaines intellectuel, scientifique, technique et économique. Ces normes sont présentées plus en détails à la suite.
Le management de la qualité consiste à coordonner les activités d’une structure vers le respect des exigences et attentes des clients. Selon la démarche définie par les normes ISO 9000, il faut tout d’abord clairement identifier ces exigences et attentes puis, définir les objectifs que se fixe la structure en terme de qualité. Les objectifs sont alors déployés au niveau des différents processus de la structure et suivis grâce à des indicateurs qualité.
Afin de s’engager sur la voie de l’amélioration continue, la structure suit ces indicateurs qualité, analyse les données, mène des actions correctives et préventives. Cette démarche s’accompagne naturellement d’une formalisation des processus (procédures écrites précisant ce qu’il faut faire) et d’une définition des interfaces organisationnelles et techniques (qui fait quoi).
1.2.3 Système de management environnemental
La certification d’un système de management environnemental s’appuie sur deux référentiels :
- certaines normes de la série ISO 14000 ;
- le règlement européen SMEA (ou EMAS).
Dans les deux cas, le système de management de l’environnement préconisé se compose des étapes suivantes :
- première étape : faire un état des lieux et voir quelles sont les incidences d’une activité sur l’environnement, en y incluant la conformité réglementaire ;
- deuxième étape : définir une ligne de conduite vis-à-vis de cet état des lieux (améliorations à apporter, moyens à mettre en œuvre) ;
- troisième étape : définir les moyens organisationnels, humains, financiers, juridiques, de communication qui vont permettre d’atteindre ces objectifs ;
- quatrième et dernière étape : mettre en place un système de contrôle et de suivi, permettant d’éviter les dérives ou d’améliorer le système s’il y a des modifications dans l’organisation ou l’activité exercée.
La clef d’un système de management de l’environnement, c’est de s’interroger en permanence : l’état des lieux est-il toujours le même ? Faut-il le réactualiser, ajuster la politique et les actions, réviser les objectifs ? Le management environnemental est dans une logique d’amélioration continue afin de progresser sans cesse dans la réalisation de performances environnementales.
1.2.4 Système de management de la sécurité
Comme nous le verrons à la suite, le management de la sécurité ne dispose pas de référentiel international. Il existe cependant des référentiels sur lesquels les entreprises peuvent s’appuyer. Par contre, elles ne peuvent pas aspirer à une certification reconnue internationalement.
En France, en matière de sécurité, la loi impose d’ores et déjà aux employeurs de s’organiser pour limiter les risques encourus par les travailleurs :
- mise en place d’une organisation et de moyens adaptés permettant d’assurer la sécurité et de protéger la santé des travailleurs (loi du 31 décembre 1991 introduisant, entre autres, dans le Code du travail, les articles L230-2 à L230-4 relatifs aux principes généraux de prévention) ;
- rédaction d’un bilan annuel de l’année écoulée et programme annuel de prévention des risques professionnels (article L236-4 du code du travail) ;
- mise en place d’un système de gestion de la sécurité pour les exploitants d’installations classées pour la protection de l’environnement (arrêté du 10 mai 2000) qui doit permettre :
- d’éviter les risques, d’évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
- d’adapter le travail à l’homme ;
- de remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ;
- de prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle, etc.
Instaurer un système de management de la sécurité consiste à planifier l’identification des dangers, l’évaluation et la gestion du risque. Il s’agit de se donner les moyens et de s’organiser pour développer, mettre en œuvre, réaliser, revoir et tenir à jour la politique de l’organisme en matière de santé et de sécurité au travail. Cela passe par la définition des responsabilités, des pratiques, l’établissement de procédures, la définition d’indicateurs, etc.
2 - LA CERTIFICATION : QUELQUES POINTS DE REPERES
2.1 - Les référentiels de certification
2.1.1 - Les référentiels pour les produits et services
Le référentiel de certification d’un produit ou d’un service « est un document technique définissant les caractéristiques que doit présenter un produit ou un service et les modalités du contrôle de la conformité du produit ou du service à ces caractéristiques » (article L115-27 du Code de la consommation, partie législative). Il est élaboré et validé en concertation avec des représentants des diverses parties intéressées (professionnels, consommateurs et utilisateurs, administrations).
Lorsqu’un référentiel s’appuie sur une norme, la marque collective de certification est alors la marque NF. Il existe par exemple les marques suivantes :
- NF Environnement : pour obtenir la marque NF Environnement, le produit doit être conforme à des critères écologiques et d’aptitude à l’usage fixés dans un cahier des charges. Ces critères sont le résultat de négociations entre représentants d’industriels, d’associations de consommateurs et de protection de l’environnement, de distributeurs et des pouvoirs publics ;
- NF Conteneurs : dans le domaine des déchets, un cahier des charges, établi en concertation avec les fabricants de conteneurs et le Laboratoire National d’Essais (LNE), permet de certifier les performances des conteneurs de collecte sélective et de délivrer la marque NF Conteneurs. Les critères retenus dans ce cahier des charges sont : la stabilité, la résistance aux impacts intérieurs et extérieurs, la résistance aux chutes, l’efficacité des dispositifs de vidage et de fermeture, la résistance du dispositif de levage, la résistance au vieillissement UV et le niveau de bruit ;
- NF Service : c’est une marque volontaire de certification délivrée par l’AFNOR. Elle atteste que le service délivré répond à des caractéristiques qualité définies dans le référentiel de certification correspondant. Ce référentiel est constitué :
o de normes spécifiques à l’activité élaborées en concertation avec des prestataires de service, les associations deconsommateurs et les pouvoirs publics ;
o de spécifications complémentaires concernant le service et l’organisation qualité de l’entreprise.
Actuellement, les activités suivantes disposent d’un référentiel et peuvent donc être certifiées :
- les services de déménagement de particuliers et garde-meubles. Le référentiel est constitué des normes NF EN 12522-1, NF EN 12522-2, NF X50-813 ;
- le service de dépannage, remorquage des véhicules légers. Le référentiel est constitué des normes NF X50-840 et NF X50-841 ;
- le transport régional et départemental de voyageurs. Le référentiel ne contient pas de normes de spécifications ;
- le service après vente des appareils d’équipements ménagers et électroniques grand public. Le référentiel est constitué des normes NF X50-003, XP X50-004 ;
- le service d’accueil et d’information des offices de tourisme et syndicats d’initiative. Le référentiel est constitué de la norme X50-730 ;
- la desserte d’aéroport. Le référentiel ne contient pas de normes de spécifications ;
- etc.
La liste complète des activités est disponible auprès d’AFNOR.
EXEMPLE D’UN REFERENTIEL DE CERTIFICATION NF SERVICE
Une certification NF Service pour les activités de gestion d’un système d’assainissement des eaux usées et des eaux de surface et pour la gestion d’un système d’alimentation en eau potable est en cours de développement. En 1998, AFNOR, pour répondre aux demandes des représentants des collectivités locales, a pris l’initiative d’engager la rédaction de 4 normes. Ces normes, neutres vis-à-vis du mode de gestion et d’application volontaire, définissent les prestations et sont un guide de bonne pratique en matière de distribution d’eau et d’assainissement :
- NF P 15-900-1 : service à l’usager ;
- NF P 15-900-2 : gestion d’un réseau d’assainissement ;
- NF P 15-900-3 : gestion d’un système de traitement des eaux usées ;
- NF P 15-900-4 : gestion d’un système d’alimentation en eau potable.
Un cinquième projet de norme NF P 15-910 complète ce programme de travail et a pour objet de définir le contenu des prestations d’entretien des installations d’assainissement autonome et de constituer un outil d’évaluation de celles-ci permettant au client et au prestataire lui-même d’évaluer l’efficacité de ses prestations. Une certification NF Service à partir d’un référentiel constitué par les 4 normes de service et par des exigences de performance peut être délivrée. Cette certification se focalise sur le service fourni et sur son niveau de performance. Elle vise à donner confiance dans ce service lui-même.
Chaque référentiel de certification définit son propre champ d’application et comporte notamment les caractéristiques retenues pour décrire les produits ou les services qui feront l’objet de contrôles ainsi que les valeurs limites des caractéristiques éventuellement exigées pour la certification.
Tout producteur, importateur ou vendeur d’un produit industriel ou tout prestataire de service dont l’activité est couverte par un référentiel peut obtenir une certification ou le droit d’usage d’une marque collective de certification lorsqu’elle existe. S’il n’existe pas de référentiel, un groupe d’industriels ou de prestataires de services peut initier une démarche collective au niveau d’une organisation professionnelle pour qu’une demande soit déposée par celle-ci auprès d’un organisme certificateur existant ou à créer. Une démarche d’origine individuelle, si elle ne correspond pas à un besoin collectif, a peu de chance d’aboutir dans la mesure où les référentiels doivent être élaborés sur une base collective et consensuelle.
EXEMPLE D’UN REFERENTIEL DE CERTIFICATION
La Fédération française des professions du recyclage (FEDEREC) a mis en place, avec l’aide d’un organisme de certification (BVQI), une certification de service destinée aux entreprises du recyclage pour la collecte, la récupération et le traitement de déchets, principalement industriels. Le référentiel de certification regroupe à la fois les aspects qualité, environnement et sécurité et a été validé par un comité de certification constitué de professionnels du recyclage, de leurs clients, des administrations concernées et d’experts en qualité, environnement, sécurité. L’engagement de service de l’entreprise de recyclage certifiée porte sur :
- la maîtrise de son organisation ;
- la maîtrise de ses opérations depuis l’identification des fournisseurs et des clients jusqu’à la livraison des matériaux ;
- la protection et le respect de son environnement ;
- la prise en compte de l’hygiène et la sécurité de son personnel, des riverains.
2.1.2 Les référentiels pour un système de management qualité
L’ISO a publié dès 1987 les premières normes internationales de système de management de la qualité (SMQ). Le cœur de la série des normes ISO 9000 est constitué de normes fournissant des modèles d’assurance de la qualité ainsi que des guides pour développer et mettre en œuvre un système de gestion de la qualité. Afin de s’adapter aux nouvelles réalités, les normes de la série ISO 9000 sont régulièrement revues et révisées. La dernière révision s’est terminée le 15 décembre 2000 par la publication de la nouvelle version de 4 normes importantes de la série :
- ISO 9000 : 2000 / Systèmes de management de la qualité : Principes essentiels et vocabulaire.
Cette norme a pour but d’expliquer les principaux termes et les principes rattachés à la norme.
- ISO 9001 : 2000 / Systèmes de management de la qualité : Exigences.
Il s’agit de la seule norme qui peut être enregistrée.
- ISO 9004 : 2000 / Systèmes de management de la qualité : Lignes directrices pour l’amélioration des performances.
Cette norme donne des pistes pour l’amélioration continue afin d’accroître la productivité et l’efficience de l’organisation.
- ISO 9011 : 2000 / Lignes directrices pour les audits et environnement (norme à venir).
Les normes ISO 9002 et ISO 9003 n’existent plus.
2.1.3 Les référentiels pour un système de management environnemental
L’organisation internationale de normalisation a publié la série de normes ISO 14000 relatives aux exigences applicables à un « système de gestion environnementale ». Ces normes s’emploient à concilier démarche volontaire et amélioration continue.

Les normes de la série ISO 14000 permettent à l’entreprise de se conformer plus facilement aux règlements et d’atteindre une meilleure performance environnementale. Elles se veulent un guide général de gestion et mettent l’accent sur les moyens, sans fournir d’exigences spécifiques quant aux résultats.
L’approche par l’organisation de l’entreprise se fonde sur deux grands principes : l’engagement d’une politique et la mise en place d’un système auto-améliorant pour déployer cette politique. L’intégration dans la stratégie de l’entreprise d’une dimension environnementale repose essentiellement sur les principes d’une boucle d’amélioration continue.
La norme ISO 14001 donne des prescriptions sur l’ensemble du système pouvant servir à la certification par tierce partie ou à l’auto-déclaration. A ces prescriptions s’ajoutent des éléments d’explication figurant sous forme d’annexe informative.
La norme ISO 14004, non certifiable par construction, apporte des éléments pratiques sous forme d’exemples et de conseils afin de faciliter la mise en œuvre du système de management environnemental.
Ces deux normes constituent des référentiels pour des audits internes ou externes (certification par tierce partie).
Elles sont complétées par des documents encadrant les audits environnementaux :
- ISO 14010 / les principes de l’audit environnemental ;
- ISO 14011 / la pratique de l’audit du système de management environnemental ;
- ISO 14012 / les critères de qualification des auditeurs.
L’Eco-audit est le nom français donné au règlement européen SMEA (Système de Management Environnemental et d’Audit, en anglais EMAS : Environnemental Management and Audit Scheme) paru en 1993.
L’Eco-audit n’est pas une norme de management de l’environnement. Il s’agit d’une approche nouvelle dans l’Union européenne créée pour encourager les organismes de toutes tailles et de tous secteurs à s’engager dans une démarche volontaire d’amélioration continue de leur performance environnementale.
Les règles de l’Eco-audit sont établies par le règlement européen EMAS entré en application le 10 avril 1995. Ses objectifs sont de promouvoir une bonne gestion environnementale des sites industriels et d’établir une communication active avec le public.
Les différentes étapes décrites dans le règlement européen EMAS sont les suivantes :
- la définition d’une politique environnementale :
l’entreprise adopte une politique environnementale fondée sur deux principes : le respect des prescriptions réglementaires dans le domaine de l’environnement et l’engagement d’une amélioration continue des résultats. Cette politique est communiquée au personnel et accessible au public ;
- la réalisation d’une analyse environnementale :
l’entreprise établit un bilan complet des impacts en matière d’environnement liés aux activités menées sur le site. L’analyse environnementale couvre notamment le secteur de l’eau, de l’énergie, de l’air, des déchets, etc. ;
- l’élaboration d’un programme environnemental :
en cohérence avec la politique et les résultats de l’analyse environnementale, le programme élaboré par l’entreprise, précise :
- les objectifs quantifiés ;
- les mesures prises ou envisagées pour les atteindre ;
- les échéances de mise en œuvre ;
- la mise en place d’un système de management environnemental :
le système de management environnemental couvre toutes les activités du site. Il détermine la structure organisationnelle, les responsabilités, les pratiques et les moyens nécessaires pour la mise en œuvre du programme environnemental ;
- la réalisation d’un audit environnemental :
l’audit environnemental permet d’évaluer le fonctionnement de l’organisation et l’efficacité du système de management environnemental. Il est réalisé soit par des auditeurs de l’entreprise, soit par des personnes ou des organismes agissant pour le compte de l’entreprise ;
- la rédaction de la déclaration environnementale :
la déclaration environnementale est destinée au public. Elle donne des informations sur les principaux problèmes et les résultats environnementaux du site ;
- la vérification environnementale :
un vérificateur environnemental agréé examine l’ensemble des étapes précédentes et s’assure de la pertinence et de la réalité des actions menées sur le site. Il valide ensuite la déclaration environnementale ;
- l’enregistrement :
l’enregistrement auprès du Ministère chargé de l’environnement permet à l’entreprise d’apposer une déclaration de participation (logo) sur ses documents. Ce logo ne peut pas être utilisé sur les produits ou leur conditionnement.
Une liste des sites enregistrés est publiée annuellement au Journal Officiel des Communautés européennes. Elle est disponible auprès du ministère français en charge de l’environnement.
Comparaison EMAS / ISO 14000
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Points communs ISO 14000/EMAS
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Différences ISO 14000/EMAS
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Obligation d’engagement de la Direction générale de la structure concernée.
Définition d’une politique environnementale.
Définition d’objectifs et de cycles périodiques.
Elaboration d’un programme d’actions.
Mise en place de structures, de systèmes et de processus environnementaux pérennes dans la structure.
Conduite de revues et d’audits de l’efficacité du système.
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L’EMAS est européen tandis que l’ISO 14001 est mondial.
L’EMAS s’applique au niveau d’un site de production alors que l’ISO 14001 concerne toutes les activités de la structure.
L’EMAS oblige la structure à rédiger et à communiquer une déclaration environnementale. L’ISO 14001 n’oblige qu’à posséder une politique environnementale et à la communiquer sur demande.
L’EMAS oblige à utiliser les meilleures technologies disponibles alors que l’ISO 14001 ne rend obligatoire que la réduction des sources de pollution.
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2.1.4 - Les référentiels pour un système de gestion de la sécurité
Les certifications sécurité, en Europe, s’ancrent sur
- le BS 8800 (Guide to occupational health and safety management systems), spécification britannique, délivrée sous accréditation anglaise ;
- le VCA, référentiel hollandais, pouvant donner lieu à une certification sous accréditation hollandaise ;
- l’OHSAS 18001 (Occupational Health and Safety management Systemes specification). Ce dernier est un référentiel strictement privé qui résulte du travail commun d’un certain nombre d’organismes internationaux de normalisation et de certification. L’OHSAS 18001 n’est pas une norme internationale et elle ne peut aucunement, à ce jour, donner lieu à l’émission d’un certificat accrédité.
L’ISO, fédération d’organismes de normalisation, a décidé de ne pas engager de travaux sur le thème de la sécurité. Au sein de l’ISO, la France fait partie des opposants à une norme de la sécurité jugeant que cette matière est du ressort exclusif du droit du travail.
2.2 - L’attribution de la certification
2.2.1 - La certification de produits ou de services
L’entreprise adresse une demande accompagnée d’un dossier technique auprès de l’organisme certificateur détenteur du référentiel de certification. Ce dernier fait effectuer des contrôles sur des produits ou services et visite l’entreprise. Une fois l’instruction terminée, il accorde ou refuse la certification. En contrepartie de l’attribution de la certification, l’entreprise doit respecter toutes les conditions figurant dans le référentiel, notamment celles relatives aux contrôles ultérieurs.
2.2.2 - La certification des systèmes de management
La certification est une démarche volontaire qui repose sur deux éléments :
- l’engagement de l’organisme à appliquer les dispositions du référentiel qualité, environnement ou sécurité sélectionné ;
- la certification par un organisme certificateur de la conformité du management au référentiel choisi.
La certification porte sur un périmètre donné. On peut certifier ce que l’on veut, ce qui est parfois un avantage et parfois un inconvénient, surtout dans le domaine de l’environnement où l’on aborde des sujets transversaux. Il est par exemple très difficile de délimiter un atelier au milieu d’un site industriel en disant « je vais certifier cet atelier ».
Les organismes certificateurs procèdent à un audit préalable à la délivrance du certificat demandé. Le rapport d’audit notifie les écarts relevés par rapport au référentiel. L’organisme répond alors à ce rapport en indiquant les actions correctives qu’elle va mettre en place pour remédier à cela. Le comité de certification décide ensuite de délivrer ou non le certificat à l’organisme. Un certificat est délivré pour une période de trois ans puis remis en cause au-delà de cette période. Des audits de suivi ont lieu tous les ans. Un organisme voit son certificat retiré lorsqu’il ne suit pas les actions décidées et qu’il ne peut pas justifier le fait de ne pas les avoir suivies.
Les organismes certificateurs sont accrédités par le COFRAC (Comité français d’accréditation). Cette accréditation vise à garantir leur impartialité et leurs compétences.
2.3 - Les avantages et limites de la certification
La certification démontre et permet d’afficher l’engagement d’une entreprise ou organisme pour la sécurité, la qualité et/ou l’environnement. Elle peut contribuer à renforcer la confiance de ses partenaires : employés, clients, associations, administrations, etc.. Elle permet également d’inciter les employés à adhérer à la démarche sécurité, qualité et/ou environnement de la structure car il y a à la clef une reconnaissance extérieure. De plus, une fois la certification obtenue, l’objectif est de la conserver, ce qui pousse les employés à maintenir leurs efforts sur le long terme.
Il est important de noter que ce n’est pas parce qu’une structure a un système de management sécurité, qualité et/ou environnement certifié que ses services ou ses produits sont de qualité supérieure, qu’elle ne pollue pas l’environnement ou qu’elle ne connaît pas d’accidents du travail. La certification d’un système de management juge le système en place mais pas le niveau atteint et les objectifs fixés. De plus, en matière d’environnement par exemple, une entreprise peut très bien être certifiée ISO 14001 mais ne pas être conforme à la réglementation. L’essentiel est qu’elle connaisse ses points de non-conformité et qu’elle mette tout en œuvre pour les réduire. La certification d’un système de management (sécurité, qualité et/ou environnement) d’un organisme ne signifie donc pas que cet organisme est parfait dans le(les) domaine(s) certifié(s) mais atteste de sa capacité à mettre en place des actions de progrès continu dans le domaine concerné.
Il faut être conscient que la certification ne peut être une fin en soi car une fois la certification obtenue, le plus dur est en fait de faire vivre le système. En quelque sorte, tout commence une fois que le système de gestion est certifié : un programme d’actions est alors mis en place pour atteindre des objectifs prédéfinis. Chercher à tout prix la certification sans se donner le temps d’acquérir une culture sécurité, qualité et/ou environnement est le meilleur moyen d’obtenir un système lourd, mal accepté par les collaborateurs et impossible à mettre en œuvre sur le long terme.
Enfin, il faut noter que la reconnaissance qu’apporte une certification a un coût qui vient s’ajouter à celui de toute démarche sécurité, qualité, environnement (frais de mobilisation du personnel sur le projet et frais liés à un éventuel conseil externe) : coût du pré-audit, de l’audit de certification puis des audits de suivi. Il est nécessaire de comparer ce coût supplémentaire au bénéfice susceptible d’être tiré d’une certification.