DEFINITION

Un Centre de Valorisation Energétique (CVE) est une installation de traitement thermique des déchets, réalisé à température élevée dans des conditions contrôlées. Ce procédé permet une réduction du volume des déchets et donc des quantités à mettre en centre de stockage. Cette installation, jusqu'alors appelée Usine d'Incinération des Ordures Ménagères (UIOM), met en œuvre des procédés de combustion et/ou de thermolyse. La valorisation des déchets résulte, elle, de la récupération d'une partie de leur contenu énergétique. La pratique la plus courante en l'occurrence consiste à utiliser la chaleur des gaz de combustion pour produire de la vapeur qui sera alors employée :

  • pour alimenter un processus industriel ou un réseau de chauffage : on parle de valorisation thermique ;
  • pour faire fonctionner un turboalternateur qui produira du courant électrique : on parle de valorisation électrique.

La mise en œuvre simultanée de ces deux types de valorisation est la cogénération. Le fonctionnement des usines d'incinération est régi par la réglementation concernant les installations de stockage et d'élimination des déchets, fixée par la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées et son décret n°77-1133 du 21 septembre 1977, modifié par le décret du 9 juin 1994. Le CVE est rattaché à la rubrique 322 B de la nomenclature des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE), parue dans le décret du 20 mai 1953 et modifiée dans celui du 28 décembre 1999. Il est soumis à autorisation préfectorale. D'autres textes plus spécifiques s'appliquent aux usines d'incinération comme :

  • la directive n°89/369/CE du 8 juin 1989 relative à la prévention de la pollution atmosphérique en provenance des installations nouvelles d'incinération des déchets municipaux ;
  • la directive n°89/429/CE du 21 juin 1989 relative à la réduction de la pollution atmosphérique en provenance des installations existantes d'incinération des déchets municipaux ;

Une proposition de directive a été présentée le 12 juillet 1999, portant sur la réduction des effets négatifs de l'incinération et de la co-incinération des déchets sur l'environnement ainsi que sur la réduction des risques pour la santé humaine. Sa version finale a été adoptée par le Parlement européen et le Conseil le 4 septembre 2000.

 

  DECHETS TRAITES

Une difficulté de l'incinération réside dans l'hétérogénéité des déchets. S'il traite les déchets ménagers, un CVE peut également accueillir des déchets industriels, agricoles ou dangereux (déchets des hôpitaux par exemple). Leur caractérisation est donc nécessaire pour pouvoir définir une installation adaptée, conduire l'installation à l'optimum, évaluer les performances, communiquer etc. Pour ce faire, des analyses immédiates sont réalisées en entrée de site : mesure du taux d'humidité, de la proportion de déchets inertes (elle influe sur la production de mâchefers), etc. Un autre paramètre importante est le Pouvoir Calorifique Inférieur du déchet (PCI), à savoir la quantité de chaleur dégagée par la combustion d'un kilogramme de produits dans des conditions standardisées. Plus le PCI est élevé, plus la chaleur dégagée lors de la combustion est importante.

 

 

  FONCTIONNEMENT

Les déchets entrant sur le site sont déversés dans une fosse de réception et de stockage généralement dépressurisée pour éviter les envols. La reprise des déchets est assurée par un système combiné de pont roulant et de grappin qui les décharge dans la trémie d'alimentation du four. Certaines installations prévoient un criblage et/ou un déferraillage des déchets avant introduction dans le four. Après incinération, les gaz générés sont refroidis pour permettre la production de vapeur. Elle sera utilisée pour produire de l'électricité ou distribuée dans les réseaux de chaleur (vapeur ou eau chaude). Les fumées de la combustion sont traitées, dans le respect des normes en vigueur, avant rejet dans l'atmosphère. Les autres sous-produits sont également traités :

  • les mâchefers sont déferraillés avant valorisation ou stockage ;
  • les REFIOM sont stabilisés puis stockés .

 

  COUTS
 
Capacité de l'installation (t/an)
Coût d'investissement (€HT/t)
18 700
53 à 62,5
37 500
40 à 50
75 000
38,8 à 45,7
150 000
42 à 51,8
(Source : ADEME, 2000)
 

 

     

LE CHIFFRE CLE :

Plus de 43 % des déchets ménagers étaient incinérés en France en 2004 (Source : ADEME, 2007).

 
     

     

L'AVIS DU CERCLE NATIONAL DU RECYCLAGE :

Malgré les efforts faits en matière de collecte sélective, le solde des déchets à éliminer justifie le recours à l'incinération. Attention toutefois à limiter l'incinération pour ne pas voir les coûts d'élimination augmentés trop fortement.

 
     

     

A RETENIR :

  • Un centre de valorisation énergétique est une installation de traitement thermique des déchets.
  • L'installation peut procéder à une valorisation thermique ou électrique des déchets. Dans le cas de valorisation simultanée, on parle de cogénération.
 
     

     

VOIR AUSSI :

Fiche 14 : A quelles prescriptions les installations classées sont-elles soumises ?
Fiche 64 : Quels sont les différents procédés d'incinération utilisés ?

 
     

     

BIBLIOGRAPHIE :

"L'incinération des déchets ménagers", Jean Yves LEGOUX et Catherine LE DOUCE, Editions Economica, 1995
"Techniques de gestion des déchets ménagers", ADEME, avril 2000

"Les déchets en chiffres", édition 2007, ADEME